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Matcha : comment repérer les fraudes sur un marché sous tension

Selon FOOD LAW LATEST, les experts alertent sur un risque croissant d'adultération économiquement motivée du matcha mondial.

Matcha : comment repérer les fraudes sur un marché sous tension

L'offre se tend, les prix s'envolent — et les fraudeurs rappliquent. Le matcha vient de rejoindre la liste de surveillance des spécialistes de la réglementation alimentaire, et la sortie de route est plus facile à éviter qu'on le croit.

Les tensions sur l'offre japonaise et la flambée des cours créent un terrain propice aux mélanges non déclarés, aux fausses origines et aux grades cérémoniels inventés.

Ce que racontent vraiment les chiffres

Côté Japon, la pression est documentée. Les exportations de thé vert ont atteint 13 125 tonnes sur l'exercice 2025, en hausse de 42 %, pendant que leur valeur doublait pour culminer à 84,7 milliards de yens. Le thé en poudre, matcha en tête, pèse environ 70 % du total. Pour suivre, les producteurs convertissent leurs parcelles de sencha vers le tencha, matière première ombragée du matcha, dont la production grimpe depuis quatre années consécutives.

La médaille a son revers: le tencha de Kyoto s'est négocié en moyenne à 13 972 yens le kilo en 2026, en hausse de 69 % sur un an. Les prix FOB indicatifs pour le matcha japonais fini s'étalent désormais d'environ 35 à 80 dollars le kilo pour les qualités culinaires, jusqu'à 100 à 320 dollars pour les produits présentés comme « grade cérémoniel ». Un écart aussi large, conjugué à une matière première qui flambe, ouvre grand la porte aux substitutions par du thé vert bas de gamme, aux coupages non déclarés, aux fausses origines japonaises ou régionales et aux lots anciens reconditionnés en premium.

Ce que vous pouvez vérifier vous-même

Précision importante: FOOD LAW LATEST parle de signal d'alerte précoce, pas de fraude généralisée. Mais sur une étiquette floue, trois contrôles rapides trient déjà beaucoup de lots douteux.

Le prix d'abord. Quand un pot « cérémoniel » est vendu l'équivalent de vingt euros les trente grammes, le compte n'y est pas au regard des fourchettes FOB 2026. L'origine ensuite: un matcha japonais sérieux indique une région précise (Uji, Nishio, Shizuoka…) ou au minimum une transformation au Japon à partir de feuilles locales. Une mention vague type « style japonais » ou « inspired by Kyoto » mérite la méfiance.

Et puisque je goûte chaque lot avant de le recommander, je vous partage deux tests sensoriels que vous pouvez refaire à l'ouverture du sachet. La couleur: un matcha authentique affiche un vert profond, presque électrique, sans teinte grisâtre ni brunâtre (signe de feuilles âgées ou trop chauffées). L'arôme sec mêle umami, notes marines et douceur végétale — jamais de relent de foin moisi, jamais de platitude totale. Ces critères ne remplacent pas un labo, mais ils dégagent déjà les contrefaçons grossières.

Préparer pour ne pas gâcher

Quand le matcha est enfin bon, sa préparation mérite autant d'attention que sa sélection. Je le répète à chacune de mes dégustations: l'eau bouillante est le pire ennemi d'un matcha de qualité. Au-delà de 80 °C, vous brûlez les acides aminés qui portent l'umami et cette clarté mentale tant recherchée. Visez 70 à 75 °C, fouettez en W avec un chasen jusqu'à une mousse fine, sans grumeaux.

Le profil aromatique change selon le grade. Un culinaire, plus végétal et marqué par l'amertume, tient tête à un latte ou à un chocolat; un grade élevé, plus doux et lacté, se déguste seul en eau chaude. Mélanger les deux à la petite cuillère sans l'écrire sur l'étiquette, c'est précisément le type de pratique trouble qui alimente la suspicion actuelle. Traçabilité claire, prix cohérent, eau à bonne température: trois réflexes qui vous remettront d'aplomb face à un marché sous tension.